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Chapitre I
:
Vers une "digitalisation" de la société ? |
Chapitre
II :
Le programme de l'Arche |
Annexe 1
:
Quand l'Amérique s'invente une nouvelle
frontière électronique. |
Annexe 2
:
La France et l'Europe sont passives. |
Annexe 3
:
Pourquoi un nouveau Vélizy ? |
Annexe 4
:
Aménagement du territoire et
télétravail : l'avenir est-il en Lozère ? |
Annexe 5
:
Quel avenir pour le Minitel ? |
Annexe 6
:
La santé : une industrie de l'information
qui s'ignore. |
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Chapitre
II
Le programme de l'Arche
Le programme de l'Arche s'articule en 2 étapes distinctes.
Pour préparer les grands travaux de l'an 2000
Ce que l'Arche se propose de faire avec l'aide financière de toutes
les bonnes volontés intéressées (entreprises, gouvernement, administrations,
collectivités, associations, individus, etc...) :
A/ Organiser une conférence internationale annuelle. Cette initiative,
que nous proposons tout simplement de baptiser "Arche" suivie du
millésime de l'année (par exemple "Arche 94"), réunira chaque année
les acteurs de la vie politique, technologique, économique, sociale,
et culturelle de tous les pays intéressés. L'objet de cette conférence
est de réfléchir, débattre et formuler des recommandations relatives
à la mise en oeuvre des technologies avancées de l'information dans
la société. Des responsables d'entreprises, des philosophes, des
autorités spirituelles, des hommes politiques, des représentants
du monde du travail y confronteront leurs points de vue. "Arche
xx" fournira un cadre à cette confrontation des idées et en assurera
une large diffusion dans le public.
B/ Un nouveau "Rapport Nora/Minc". Publié en 1978, le rapport Nora-Minc
a joué un rôle déterminant dans la "sensibilisation" des Français
à la révolution informatique. On peut dire qu'il est à l'origine
de la télématique, qui reste aujourd'hui symbolisée par le "Minitel",
une contribution française originale à la "digitalisation" de la
société. Il serait utile de renouveler cette initiative, dans la
perspective des nouvelles technologies de l'information et de la
communication : bilan de 15 ans d'informatisation, détermination
de la nouvelle donne digitale, "audit" des atouts et des handicaps
de la France et de l'Europe face aux États-Unis et au Japon, recommandations
en matière de politique publique.
C/ Création d'un Observatoire International. Qui fait quoi dans
le monde avec la technologie ? Pour aménager le futur, nous avons
besoin de comprendre le présent. Nous avons donc besoin d'observer
au jour le jour ce qui se passe sur notre planète. A l'heure des
réseaux mondiaux, il serait possible et utile de constituer une
banque internationale d'informations et de connaissances sur les
technologies et surtout leurs usages, accessibles à tous. De nombreux
services, institutionnels et privés, existent déjà en France. Ils
sont généralement mal connus et insuffisamment exploités. La création
de cet Observatoire permettrait d'enrichir l'information disponible,
de la rendre plus accessible et d'organiser une synergie entre les
différentes sources, nationales et internationales. De plus, la
"visibilité" de l' Observatoire encouragerait l'usage de ce service
d'information dont la clientèle serait constituée par les entreprises,
les administrations, les collectivités publiques. Et pourquoi pas
les particuliers intéressés. La France pourrait prendre l'initiative
d'une première "tête de réseau" nationale de l'Observatoire, à partir
par exemple des infrastructures et des contenus de la Bibliothèque
Nationale de France.
Les grands travaux de l'an 2000 :
Quelques premières réflexions de l'Arche
A/ Création d'une infrastructure européenne d'autoroutes électroniques.
Nous avons conscience que cela n'est pas simple, mais nous incitons
vivement les gouvernements des pays européens, ainsi que la CEE,
à définir au plus vite, standards et protocoles communs de télécommunications.
Ainsi qu'une stratégie européenne de mise en oeuvre de ces autoroutes
électroniques. Nous pensons qu'il y a probablement lieu de définir
les standards avec les Américains. L'Arche fait en effet remarquer
qu'il est très facile de transférer un contenu numérisé d'un standard
dans un autre. Disposer d'un standard européen "propriétaire" pour
dresser un rempart face à l'industrie américaine ou japonaise du
contenu nous paraît assez illusoire.
B/ Création d'une zone pilote de mise en place des nouvelles technologies
(un "nouveau Vélizy"). Sans attendre la mise sur pied de l'infrastructure
de réseau large bande sur toute la France et l'Europe, nous pensons
qu'il y a lieu de lancer une expérimentation à grande échelle permettant
de tester services et utilisations, à la fois grand public et professionnels.
Et cela avec les réseaux existants. Avant de construire des autoroutes
de l'information, on peut en effet faire encore beaucoup de choses
avec les "départementales", les "nationales" que sont les réseaux
publics de télécommunication actuels. Et le micro-ordinateur. Il
n'est pas interdit naturellement d'y installer le "large bande",
à titre de test de serveurs de vidéo numériques interactifs (télévision
interactive).
C/ Création d'une Fondation dans le domaine éducatif. Cette Fondation
sera chargée d'établir un Plan de "mise en multimédia interactif"
de l'ensemble de tous les programmes scolaires et universitaires.
Les technologies du multimédia interactif ont un avantage de taille
par rapport au média linéaire traditionnel qu'est le livre par exemple.
Elles permettent en effet à l'élève, comme en s'amusant, de simuler
à sa guise, ou sous la houlette de son éducateur, tous les concepts
abstraits enseignés. A condition naturellement que l'application
ait été convenablement conçue. Les structures actuelles de financement
au niveau de la CEE ne nous apparaissent pas adaptées. Elles fonctionnent
par appels à projets, et donc un peu au petit bonheur la chance.
Il n'y a pas de plan d'ensemble. Cela sera le rôle de cette Fondation.
Nous suggérons que tous ces programmes soient prévus dès le départ
en plusieurs langues (ce qui permettra de les exporter). Nous suggérons
aussi que les élèves, qui sont plus imaginatifs que leurs aînés,
participent à ce mouvement créatif.
D/ Création d'un "serveur Presse ". L'information, plus que l'argent,
est le nerf de la guerre. La France dispose d'un secteur d'activité
d'édition presse de bonne tenue, qui irrigue l'ensemble des acteurs
économiques. Il nous semble toutefois que le média papier, qui a
encore de beaux jours devant lui, doit être complété par un nouveau
média. Nous suggérons au gouvernement français et à l'ensemble des
éditeurs de ce secteur, de créer un serveur unique regroupant l'ensemble
des articles publiés. Ce qui permettra à tous les acteurs économiques
qui s'équipent de micro-ordinateurs communicants, d'accéder à l'information
publiée, de faire des recherches, de transférer l'information jugée
pertinente pour leurs activités, etc... Il va sans dire que ces
services de recherche et de transfert seraient payants. Il nous
semble que les technologies pour créer ce nouveau marché (recherches
dites "full text", télépaiement à l'éditeur pour son copyright,
etc...) sont au point, et que ce secteur d'activité, qui connaît
actuellement des difficultés importantes, y retrouverait une seconde
jeunesse. Et même pourrait créer de nouveaux services (messagerie
avec le journaliste, création de "focus group", etc...) Nous pensons
que ce serveur pourrait notamment s'insérer dans le projet de la
Grande Bibliothèque de France, en quête de nouveaux services, pour
de nouveaux usages.
E/ Protection des droits et libertés du citoyen dans la société
électronique. Nous pensons qu'il y a lieu de mettre à jour la loi
"L'Informatique et les Libertés". Conclusion : les temps changent
En conclusion, les membres de l'Arche ont conscience que nous allons
changer de civilisation, que nous y sommes obligés. La période transitoire
peut se faire en douceur, ou par des processus plus "durs", que
la France a déjà connus dans son Histoire. Les membres de l'Arche
ont aussi conscience qu'ils ne détiennent pas non plus la Vérité.
Et que les mesures qu'ils proposent dans le cadre des "Grands Travaux
pour l'an 2.000" ne sont pas limitatives. Le secteur de la santé
par exemple n'a pas été étudié (voir toutefois dans ce domaine la
dernière annexe), ni celui du gouvernement et de l'administration
(thème souvent qualifié de "démocratie directe"). De même aussi
que la notion de "transparence" des marchés. Nous invitons donc
tous ceux et celles qui pensent "autrement", qui font ou tentent
de faire quelque chose dans leur coin, à nous rejoindre.
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