L'Arche
 
Chapitre I :
Vers une "digitalisation" de la société ?
Chapitre II :
Le programme de l'Arche
Annexe 1 :
Quand l'Amérique s'invente une nouvelle frontière électronique.
Annexe 2 :
La France et l'Europe sont passives.
Annexe 3 :
Pourquoi un nouveau Vélizy ?
Annexe 4 :
Aménagement du territoire et télétravail : l'avenir est-il en Lozère ?
Annexe 5 :
Quel avenir pour le Minitel ?
Annexe 6 :
La santé : une industrie de l'information qui s'ignore.
 


Annexe 1

Quand l'Amérique s'invente une nouvelle frontière électronique

Les principaux industriels américains des technologies de l'information ont pris l'initiative, en ce début d'année, d'adresser un mémorandum au Président Clinton. Ce document lui recommandait, pour relancer la compétitivité des États-Unis et assurer une augmentation du niveau de vie du citoyen américain, de se lancer dans un vaste programme d'infrastructures en autoroutes électroniques.

Objectif : que chaque citoyen américain soit relié, dans les 10 à 15 ans à venir, par des réseaux de communication à haut débit, capables en l'espace de quelques secondes de faire transiter l'équivalent d'une encyclopédie papier, d'un catalogue de vente par correspondance, d'un cours de mathématiques, ou d'un film vidéo...
Le tout dans un mode linéaire, ou mieux, interactif.

Optique par ailleurs toute keynésienne, imitant en cela la politique du Président Roosevelt qui, dans les années 1930, avait lancé un vaste programme d'infrastructures "en béton" (autoroutes, ponts, etc...) pour sortir les États-Unis de la crise de 1929, et permettre par la suite le développement économique que ce pays a connu.

Toutefois, sauf à marquer une volonté forte en faveur des "electronic highways" - expression d'ailleurs passée dans le langage courant aux États-Unis -, le gouvernement fédéral n'a pour ainsi dire encore rien entrepris de concret jusqu'à présent. Mais cette volonté affirmée de l'exécutif américain semble avoir joué un rôle de détonateur. Depuis, en effet, des alliances de toutes natures se sont développées entre des acteurs privés appartenant à différents secteurs d'activité, qui chose intéressante à noter, n'avaient guère l'habitude jusqu'à présent de "se parler", dans le cadre de la société industrielle traditionnelle.

Des "tribus", à l'image des kereitzus japonais, se sont constituées, regroupant tels ou tels acteurs de l'électronique grand public, des télécommunications, des réseaux câblés de télévision, de l'informatique traditionnelle. Et naturellement de l'industrie du contenu (presse, livre, cinéma, audiovisuel, etc..). Car sans cette dernière, ces autoroutes électroniques resteront vides. Au même titre que sans l'industrie de l'automobile, les autoroutes en béton seraient restées désertes.

De nouveaux services, vont donc être mis en oeuvre et testés : vidéo à la demande, catalogues électroniques généralisés de produits et services favorisant peut-être pour le consommateur américain une certaine transparence des marchés, achat à distance et nouvelles formes de commerce, de livraison et de maintenance, édition de cours éducatifs en multimédia interactif, formation "just in time" dans les entreprises, télétravail, etc... La clef de voûte étant l'accès à terme pour chaque Américain à la numérisation de l'information et du savoir.

Ce qui devrait entraîner une nouvelle créativité, de nouvelles innovations. De nombreuses entreprises se créeront donc aux États-Unis avec des emplois de qualité et d'excellence, pour définir de nouveaux types de matériels, de services, et de contenus. Ces nouvelles infrastructures entraîneront une "digitalisation" croissante des échanges (économiques, sociaux, éducatifs, culturels, etc...) entre les différents agents économiques (entreprises, administrations, écoles et universités, commerces, consommateurs, etc...). C'est-à-dire, qu'à terme plus ou moins proche, les relations qu'ont ces agents entre eux, emprunteront de plus en plus des médias électroniques.

On assisterait donc a un re-engineering du système économique. Par ailleurs, certains font remarquer que cette stratégie est probablement une façon, - peut-être d'ailleurs la seule -, de desserrer les contraintes qui pèsent actuellement sur nos "vieux" systèmes économiques industriels. Contraintes liées au sur-investissement d'équipement dans les grands centres urbains (bureaux, parkings, voies de dégagements,...), à la désertification de nos campagnes, au temps perdu dans les transports et les embouteillages pour déplacer chaque jour des centaines de milliers de personnes pour traiter de l'information dans des bureaux urbains, à la dégradation de l'environnement, à la pollution, etc...

 
   
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