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Annexe
1
Quand l'Amérique s'invente une nouvelle frontière
électronique
Les principaux industriels américains des technologies de l'information
ont pris l'initiative, en ce début d'année, d'adresser un mémorandum
au Président Clinton. Ce document lui recommandait, pour relancer
la compétitivité des États-Unis et assurer une augmentation du niveau
de vie du citoyen américain, de se lancer dans un vaste programme
d'infrastructures en autoroutes électroniques.
Objectif
: que chaque citoyen américain soit relié, dans les 10 à 15
ans à venir, par des réseaux de communication à haut débit, capables
en l'espace de quelques secondes de faire transiter l'équivalent
d'une encyclopédie papier, d'un catalogue de vente par correspondance,
d'un cours de mathématiques, ou d'un film vidéo...
Le tout dans un mode linéaire, ou mieux, interactif.
Optique par ailleurs toute keynésienne, imitant en cela la politique
du Président Roosevelt qui, dans les années 1930, avait lancé un
vaste programme d'infrastructures "en béton" (autoroutes, ponts,
etc...) pour sortir les États-Unis de la crise de 1929, et permettre
par la suite le développement économique que ce pays a connu.
Toutefois, sauf à marquer une volonté forte en faveur des "electronic
highways" - expression d'ailleurs passée dans le langage courant
aux États-Unis -, le gouvernement fédéral n'a pour ainsi dire encore
rien entrepris de concret jusqu'à présent. Mais cette volonté affirmée
de l'exécutif américain semble avoir joué un rôle de détonateur.
Depuis, en effet, des alliances de toutes natures se sont développées
entre des acteurs privés appartenant à différents secteurs d'activité,
qui chose intéressante à noter, n'avaient guère l'habitude jusqu'à
présent de "se parler", dans le cadre de la société industrielle
traditionnelle.
Des "tribus", à l'image des kereitzus japonais, se sont constituées,
regroupant tels ou tels acteurs de l'électronique grand public,
des télécommunications, des réseaux câblés de télévision, de l'informatique
traditionnelle. Et naturellement de l'industrie du contenu (presse,
livre, cinéma, audiovisuel, etc..). Car sans cette dernière, ces
autoroutes électroniques resteront vides. Au même titre que sans
l'industrie de l'automobile, les autoroutes en béton seraient restées
désertes.
De nouveaux services, vont donc être mis en oeuvre et testés : vidéo
à la demande, catalogues électroniques généralisés de produits et
services favorisant peut-être pour le consommateur américain une
certaine transparence des marchés, achat à distance et nouvelles
formes de commerce, de livraison et de maintenance, édition de cours
éducatifs en multimédia interactif, formation "just in time" dans
les entreprises, télétravail, etc... La clef de voûte étant l'accès
à terme pour chaque Américain à la numérisation de l'information
et du savoir.
Ce qui devrait entraîner une nouvelle créativité, de nouvelles innovations.
De nombreuses entreprises se créeront donc aux États-Unis avec des
emplois de qualité et d'excellence, pour définir de nouveaux types
de matériels, de services, et de contenus. Ces nouvelles infrastructures
entraîneront une "digitalisation" croissante des échanges (économiques,
sociaux, éducatifs, culturels, etc...) entre les différents agents
économiques (entreprises, administrations, écoles et universités,
commerces, consommateurs, etc...). C'est-à-dire, qu'à terme plus
ou moins proche, les relations qu'ont ces agents entre eux, emprunteront
de plus en plus des médias électroniques.
On assisterait donc a un re-engineering du système économique. Par
ailleurs, certains font remarquer que cette stratégie est probablement
une façon, - peut-être d'ailleurs la seule -, de desserrer les contraintes
qui pèsent actuellement sur nos "vieux" systèmes économiques industriels.
Contraintes liées au sur-investissement d'équipement dans les grands
centres urbains (bureaux, parkings, voies de dégagements,...), à
la désertification de nos campagnes, au temps perdu dans les transports
et les embouteillages pour déplacer chaque jour des centaines de
milliers de personnes pour traiter de l'information dans des bureaux
urbains, à la dégradation de l'environnement, à la pollution, etc...
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