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Chapitre I
:
Vers une "digitalisation" de la société ? |
Chapitre
II :
Le programme de l'Arche |
Annexe 1
:
Quand l'Amérique s'invente une nouvelle
frontière électronique. |
Annexe 2
:
La France et l'Europe sont passives. |
Annexe 3
:
Pourquoi un nouveau Vélizy ? |
Annexe 4
:
Aménagement du territoire et
télétravail : l'avenir est-il en Lozère ? |
Annexe 5
:
Quel avenir pour le Minitel ? |
Annexe 6
:
La santé : une industrie de l'information
qui s'ignore. |
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Annexe 2
La France et l'Europe sont passives...
Face à cette effervescence, nous constatons que l'opinion en France,
ainsi d'ailleurs que dans les autres pays européens, est curieusement
assez mal informée, et plutôt absente des débats. Voire même, se
trompe de combat. La vieille Europe en effet se contente plutôt
de mettre en oeuvre les technologies de l'information pour "automatiser
le passé", c'est-à-dire en gros à remplacer le travail humain par
du travail d'ordinateur. Cela dans le seul but d'alléger les coûts.
A notre sens, cette vue très étriquée, ne fera qu'augmenter le chômage,
même en cas de reprise économique. La vision de nouveaux types de
services à inventer, et donc de nouveaux emplois à créer, nous est
complètement absente. Comme si notre créativité était complètement
inhibée par le stress de la crise économique que nous vivons. Il
y a même une certaine contradiction dans notre appréciation de la
chose. Pour rester dans la course, les entreprises, dans un contexte
de concurrence exacerbée et de déréglementation croissante, mettent
en place des automates divers et variés (échanges de données informatisés
entre elles, serveur vocal, distributeur automatique d'essence,
etc...). Et par ailleurs, nous pestons contre l'invasion technologique
"mangeuse d'hommes".
Cela ne nous semble pas logique. L'opinion française doit avoir
une vue claire des choses et savoir ce qu'elle veut : ou elle refuse
la technologie, ce qui est son droit ; ou au contraire elle construit
et façonne "l'après" société industrielle.
L'Arche pense que la deuxième solution est la seule possible. Un
statu quo, ou un retour en arrière, en mettant par exemple à la
poubelle tous les ordinateurs, gros ou petits, de France et de Navarre,
est impossible. Il s'ensuivrait un tel chaos, une telle désorganisation
sociale, que cela est à peine imaginable. De plus, si les autres
pays ne nous suivaient pas dans cette voie, il nous faudrait hermétiquement
fermer nos frontières terrestres, abattre les satellites qui nous
survolent, et vivre en complète autarcie.
Nous verrions probablement notre niveau de vie diminuer, sans être
certain d'ailleurs d'obtenir de ce fait une situation qui tende
vers le plein emploi. Nous sommes donc condamnés à aller de l'avant,
et si possible en même temps que les États-Unis, et non pas à leur
remorque. Car lorsqu'en France et en Europe, nous mettrons en place
nos propres "electronic highways" par exemple, les seules applications
et nouveaux services disponibles seront américains. Il suffira de
les "franciser".
Nous arriverions donc à la situation paradoxale suivante : les "nouveaux"
éditeurs américains nous achèteraient les droits sur nos fonds culturels
(certains et non des moindres comme Microsoft ont déjà tenté de
le faire), réaliseraient les applications chez eux, puis nous les
revendraient.
On ne peut pas dire que cela soit source de création d'emplois pour
la France et l'Europe. De plus, le monde devenant un village avec
le maillage de tous les réseaux de télécommunications, les grands
distributeurs américains de produits et services pourraient vendre
directement en Europe par catalogue électronique interposé.
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