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Annexe 4
Aménagement du territoire et télétravail :
l'avenir est-il en Lozère?
La France,
confrontée aux problèmes que l'on sait concernant la situation économique
et ses conséquences sur l'emploi, ne cesse, dans un apparent paradoxe,
de connaître une intensification toujours plus forte de la concentration
urbaine, amplifiant en cela le processus de désertification rurale.
Cessons de croire que la concentration au même moment des individus
dans les bureaux, ou même à l'école ou au campus appartient à la
condition humaine. Il y a tout au plus un siècle et demi que cette
modalité du travail s'est généralisée et, dans quelques décennies,
elle apparaîtra peut-être comme un accident de l'Histoire...
D'autant que la concentration commence à coûter très cher, tant
à la collectivité, qu'à l'entreprise et à l'individu. Poser le problème
du chômage, c'est donc poser celui de l'aménagement du territoire,
avec la nécessité de définir une nouvelle géographie du travail
et de l'économie.
Deux réalités s'imposent :
- le cas urbain : avec
les problèmes spécifiques liés à la concentration (flux migratoires
quotidiens, polarisation des espaces, coûts cachés liés à la saturation,...)
- le cas rural : en déperdition
économique et à la recherche d'un nouvel horizon.
Une
solution émerge : le télétravail
Retenons pour télétravail la définition plus exacte de "téléprésence",
qui aura pour objet de mettre en oeuvre les technologies qui permettront
de s'affranchir des contraintes de distance, d'espace, et de synchronisation
continue nécessaires au travail individuel et/ou collectif des individus.
Relève donc du télétravail toute "prothèse" technique assurant la
co-présence (distance) entre un opérateur (télétravailleur) et les
personnes (clients, collaborateurs, étudiants,...), les sources
d'information, les outils nécessaires à l'exécution d'un travail...
Le télétravail doit être vu comme un accroissement des degrés de
liberté du travailleur, rendant simplement possible ce qui ne le
serait pas sans technologie de soutien et d'infrastructure.
Les vrais obstacles ne sont pas technologiques
Les outils technologiques existent aujourd'hui pour la plupart.
Le micro-ordinateur se transforme aussi bien en fax, qu'en Minitel,
ou en lecteur multimédia. Des expériences diverses sont menées un
peu partout dans le monde : autour de la télévision câblée, comme
support par exemple de diffusion pour l'enseignement interactif,
autour de moyens mobiles de communication dans telle ou telle entreprise,
autour de la mise en place de centres de vidéoconférence...
Pourtant aucune de ces expériences, le plus souvent à cause de leur
caractère premier centré sur la technologie, n'intègre une véritable
dimension politique et sociale. Ce qui conduit parfois à accréditer
une vision réductrice, voire négative de la technologie en question.
Car pour créer des emplois en Lozère, il ne suffit pas de connecter
le département au reste du monde.
Encore faut-il y développer, ou favoriser le développement de l'esprit
d'entreprise, la créativité, et les compétences capables d'exploiter
les avantages et les ressources du département, en direction d'une
clientèle identifiée et identifiable sur le marché français, européen
ou mondial. Encore une fois, la technologie n'a ici pour effet que
de lever des obstacles ou dans le meilleur des cas, de nourrir l'invention
de produits et de services. Malgré cela, les collectivités territoriales
continuent le plus souvent de favoriser l'implantation de Z.I.,
de Z.A.C. et autres technopoles, soi-disant créatrices d'emplois
nets, plutôt que de réunir les conditions objectives d'infrastructures
préalables pour une réelle mise en oeuvre du télétravail à grande
échelle.
L'exemple de la ville de Vendôme, à cet égard, est significatif.
La ville a bataillé ferme pour obtenir un arrêt du TGV Atlantique
au moment de la création de la ligne; et a construit à cet effet
une nouvelle gare. Malgré cela, elle n'arrive pas à transformer
ce qui semble être un avantage compétitif, en une réalité économique.
Cela faute d'avoir pu ou su créer des infrastructures relais, propres
à fixer professionnellement des "TGV-cadres" parisiens, qui n'utilisent
Vendôme qu'en ville dortoir.
Aujourd'hui, seul l'État peut initialiser en concertation avec les
autres acteurs publics et privés la mise en oeuvre d'un vaste chantier
à même de favoriser l'émergence du télétravail : travaux d'infrastructures,
conformes en cela à la politique en vigueur de relance par de grands
travaux; incitations financières; dispositifs légaux. Au final,
au-delà de l'intérêt d'un grand chantier directement générateur
d'emplois (au même titre qu'une autoroute de béton), disposer d'un
projet cohérent de décentralisation.
Le mode opératoire, en s'appuyant sur les structures administratives
existantes, pourrait être le suivant :
1/ Mise en place d'une politique systématique d'aides aux projets
de télétravail :
- amplification du plan
Datar/France Telecom pour obtenir un doublement du nombre de projets
de télétravail retenus,
- création d'un centre
de télétravail par département (construction ou réhabilitation),
- crédits d'équipements
technologiques pour les entreprises et les particuliers ayant
recours au télétravail,
- mesures de soutien
d'accompagnement au changement pour les volontaires (formation,
soutien juridique, prospection de clientèle,...),
- missionner une grande
administration pour piloter l'ensemble de l'opération.
2/ Intégration systématique
d'un volet télétravail dans les plans de soutien catégoriels.
3/ Adaptation législative aux problèmes de l'emploi réel et de l'emploi
légal (un chômeur n'est pas quelqu'un qui est sans travail, c'est
quelqu'un qui est sans travail légal administrativement reconnu);
définition d'un statut de télétravailleur autonome.
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