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Chapitre I
:
Vers une "digitalisation" de la société ? |
Chapitre
II :
Le programme de l'Arche |
Annexe 1
:
Quand l'Amérique s'invente une nouvelle
frontière électronique. |
Annexe 2
:
La France et l'Europe sont passives. |
Annexe 3
:
Pourquoi un nouveau Vélizy ? |
Annexe 4
:
Aménagement du territoire et
télétravail : l'avenir est-il en Lozère ? |
Annexe 5
:
Quel avenir pour le Minitel ? |
Annexe 6
:
La santé : une industrie de l'information
qui s'ignore. |
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Annexe 5
Quel Avenir pour le Minitel ?
Poursuivre
vigoureusement le développement des réseaux télématiques et leurs
performances.
Dans ce domaine, la France dispose d'une expérience forte et unique
de plus de dix ans, illustrée par la réussite du programme télématique
(Transpac, Minitel, annuaire électronique). Il s'agit d'atouts considérables
en matière d'infrastructure de réseaux : téléphone, Transpac, Numéris,
téléphonie mobile, réseaux radio réservés aux données informatiques...
Nous disposons d'un parc très important de téléphones, de téléviseurs
et de Minitels, d'un parc croissant de micro-ordinateurs en sites
professionnels et résidentiels, de télécopieurs. Le réseau de télévision
par câble est, quant à lui, en relative bonne croissance depuis
sa création il y a dix ans. Ces atouts ont permis d'acquérir à l'échelle
internationale une avance certaine en matière de conception et de
réalisation d'applications interactives grand public et professionnelles.
L'émergence de multiples projets et produits multimédia aux États-Unis,
dans le cadre d'une économie concurrentielle (et avec les encouragements
de l'administration américaine), ne pourrait se produire de la même
façon en France, même si les projets Outre-Atlantique s'inspirent
fortement du programme télématique français. Le marché français
de la télématique est né, lui, d'une démarche volontariste, partenariale,
fortement structurante. Cette infrastructure, construite autour
de Télétel, Transpac, et Audiotel sur des marchés de masse, doit
être poursuivie aujourd'hui pour que la "télématique multimédia",
grand public et professionnelle, émerge.
L'accélération de la construction de réseaux à débit de plus en
plus élevé, si possible dans le cadre de projets communautaires
(tel que le projet BREHAT du CNET - plus précisément le "ATM pilot"
- ), ou encore le projet EVE pour la visiocommunication, sont susceptibles
de stimuler le développement et la compétitivité de l'économie française,
ainsi que l'amélioration de l'accès à la connaissance pour tous.
Il serait judicieux de fédérer ces nombreux efforts en France dans
le cadre d'un programme national (et éventuellement communautaire),
mobilisateur de soutien au développement de la télématique multimédia,
passant notamment par une série d'expérimentations en vraie grandeur
impliquant les services et les utilisateurs grand public et professionnels.
Tout comme cela avait été fait à Vélizy au début des années 80 pour
le simple vidéotex.
L'impact de cette accélération coordonnée des réseaux et des services
de télématique multimédia aura un effet favorable croissant dans
plusieurs domaines de la vie du citoyen et de l'entreprise, et du
secteur public. On peut citer : l'organisation du travail, l'éducation
et la formation, la santé, le commerce. Ce projet doit être une
action coordonnée entre l'État, les Régions, les Collectivités Locales,
les Universités, la Défense et le secteur privé. Il est en effet
fondamental que ces nouveaux services d'information soient accessibles
et utilisables par tous les citoyens sans discrimination de distance,
et à des prix raisonnables. D'où l'importance de la participation
de la puissance publique, plus que l'opérateur de télécommunications,
dans la régulation de ces projets.
Ces réseaux permettront en effet d'accéder à des informations de
plus en plus riches, de les conserver, et de les retraiter à sa
guise dans le respect des droits d'auteur. Le monde de la presse
et de l'édition sera encouragé à fournir sous forme électronique
la plus grande partie des articles parus dans le media papier.
L'administration pourra accélérer la fourniture de ses énormes sources
d'informations et de renseignements. Elle pourra automatiser les
tâches administratives répétitives et consacrer le temps passé aujourd'hui
à la gestion physique des documents, à inventer et délivrer de meilleurs
services aux citoyens et aux entreprises, en améliorant régulièrement
les compétences des fonctionnaires.
Le temps de l'action est arrivé pour poursuivre l'énorme travail
de modernisation de la société française entrepris avec des programmes
comme Télétel il y a plus de dix ans. Chaque jour qui passe dans
le monde, apporte sa moisson de nouveaux appareils électroniques,
de nouvelles technologies, de nouveaux groupes d'entreprises gigantesques
capables d'influencer la culture mondiale par le biais des contenus
électroniques prévus pour ces appareils.
L'information est la ressource économique la plus critique d'une
nation. Thomas Jefferson disait même qu'elle est la monnaie de la
démocratie. Le développement de cette nouvelle télématique n'est
cependant pas une fin en soi. C'est le moyen de parvenir à des objectifs
économiques et sociaux. Ce sera une contribution importante dans
notre face à face avec les défis oppressants de l'économie et du
social dans notre pays.
Construire des familles d'équipements électroniques
Construire des familles d'équipements électroniques Ces équipements
électroniques sont nécessaires pour se raccorder aux réseaux d'informations
et pour exploiter les contenus informationnels numérisés disponibles
sur supports nomades (lecteur de Cd-Rom, communicateurs personnels,
etc ...) Il s'agit, à l'instar du programme Minitel, de relancer
la conception et la fabrication d'appareils modernes répondant notamment
aux besoins des marchés d'état civils et militaires, et permettant
de réaliser de substantielles économies d'échelles.
Dans ce domaine, la valorisation de l'innovation doit être amplifiée,
notamment par une diffusion plus large et plus efficace de l'information
sur les innovations françaises. Diffusion plus large en France,
mais aussi dans le monde. Et cela en langue anglaise (via INTERNET
par exemple) afin d'attirer en France des partenaires étrangers.
La clef de ces développements réside dans une implication plus vive
de nos laboratoires publics et privés dans la conception des "moteurs"
électroniques : les microprocesseurs.
Mais les moteurs ne sont rien sans leur énergie : les systèmes d'exploitation.
Leur maîtrise est la garantie d'une indépendance plus large en aval
du moteur, dans le domaine des logiciels d'application et des contenus.
Dans ce domaine la France a probablement encore les talents requis.
Il faut à nouveau des projets nationaux mobilisateurs, fédérateurs
afin de rassembler ces forces d'innovation et de création, dispersées
dans les divers laboratoires publics, privés ou militaires.
Il faut concevoir des outils susceptibles d'être fabriqués en masse
pour répondre à de réels marchés, par exemple ceux de la formation
"juste à temps", de l'information, de la santé, de l'éducation,
du loisir et du tourisme. Mais ces évolutions technologiques seront
surtout créatrices de nouveaux marchés et donc de nouveaux emplois
de compétence.
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