L'Arche
 
Chapitre I :
Vers une "digitalisation" de la société ?
Chapitre II :
Le programme de l'Arche
Annexe 1 :
Quand l'Amérique s'invente une nouvelle frontière électronique.
Annexe 2 :
La France et l'Europe sont passives.
Annexe 3 :
Pourquoi un nouveau Vélizy ?
Annexe 4 :
Aménagement du territoire et télétravail : l'avenir est-il en Lozère ?
Annexe 5 :
Quel avenir pour le Minitel ?
Annexe 6 :
La santé : une industrie de l'information qui s'ignore.
 


Annexe 6

La santé : une industrie de l'information qui s'ignore

Pour les pays socialement avancés, la maîtrise des dépenses de santé est l'un des problèmes les plus cruciaux à résoudre pour les années à venir. Plusieurs facteurs et tendances lourdes (allongement de la durée de vie, répartition de plus en plus déséquilibrée entre actifs et inactifs, etc...) font que ce problème est considéré par les experts comme une véritable bombe sociale et fiscale à retardement.

La santé, avec le chômage, sont les deux défis les plus importants que les sociétés post-industrielles ont à relever dans la prochaine décennie. Le paradoxe est le suivant : d'un côté il existe une juste aspiration à des soins de qualité pour le plus grand nombre. De l'autre, le dérapage des dépenses de santé est désormais à la limite du supportable. En particulier en France, où le déficit pour les années à venir est estimé à 200 milliards de francs.

La France a, dit-on, la meilleure couverture sociale du monde. Mais ce privilège se paye cher. Tellement cher que la progression non maîtrisée des dépenses de santé menace désormais l'équilibre de l'ensemble de notre système économique et social. La France ne pourra supporter davantage une progression des dépenses de santé qui, depuis 10 ans, est le double de celle des autres pays européens. D'où l'équation infernale : élargir la couverture sociale et améliorer la qualité des soins, tout en réduisant les coûts et sans toucher aux effectifs. Impossible ? Non, justement grâce aux technologies avancées.

Le recours massif à l'informatique et aux télécommunications est le seul moyen pour améliorer la qualité des soins, tout en restant dans une enveloppe budgétaire si possible constante. Il faut en effet savoir que le système de santé français, et en particulier hospitalier, reste largement sous-informatisé. Les hôpitaux consacrent moins de 0,5% de leur budget à l'informatique, contre 1 à 5 % pour les autres secteurs d'activité (voire beaucoup plus pour des secteurs comme la banque et l'assurance par exemple). Si l'informatisation de la gestion, de la comptabilité des hôpitaux et autres établissements de santé est à peu près achevée, il n'en est rien de la "production". C'est-à-dire tout ce qui touche aux soins. Les besoins dans ce domaine sont immenses, allant de l'informatisation des unités de soins (chirurgie assistée, aide au diagnostic, imagerie médicale, etc...), à l'automatisation du "plateau technique" (prélèvements, analyses biologiques, etc...), en passant par la mise sur pied de moyens de communication performants entre médecin traitant, spécialiste et hôpital.

Il faut par exemple souvent plusieurs jours aujourd'hui, sinon plusieurs semaines, pour qu'un médecin traitant reçoive de l'hôpital le compte-rendu d'opération de son patient. Le recours aux nouvelles technologies peut donc permettre d'améliorer l'intendance liée aux soins. Et donc les soins eux-mêmes. Et par ailleurs créer de nouveaux services, probablement eux-mêmes générateurs d'emplois.

Autre avantage : celui de revaloriser les professions d'infirmiers qui sont, il faut le souligner, en situation déficitaire en ce qui concerne le recrutement. Les hôpitaux ont en effet de plus en plus de mal à recruter du personnel soignant. Les raisons en sont connues : salaires insuffisants, conditions de travail médiocres. Les infirmiers et infirmières du milieu hospitalier croulent sous le poids des tâches administratives, qui prennent de plus en plus d'importance sur les soins eux-mêmes. D'où un sentiment de dévalorisation, aggravé par la faiblesse des salaires.

Les technologies sont un moyen de revaloriser cette profession, en soulageant le personnel soignant des tâches répétitives de paperasserie, au profit de la relation avec le malade. La médecine est donc une industrie de l'information qui s'ignore. L'activité médicale consiste naturellement à s'occuper du malade. Ce faisant, à produire, traiter, et gérer de l'information sur le patient lui-même. De plus, la science médicale en constante évolution, produit elle-même des masses énormes d'informations, et cela en relation avec toutes les sciences connexes qui contribuent aujourd'hui au progrès médical. Le médecin doit donc faire face à une impressionnante multiplication des données à prendre en compte. Il lui est difficile, sinon impossible, de le faire avec des moyens traditionnels.

 
   
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